Aristote disait : “Nous sommes ce que nous faisons de manière répétée.”
Je vais plus loin. On prend des centaines de décisions par jour. Ce qui change vraiment ta trajectoire à long terme, c’est pas ce que tu fais, c’est comment tu décides.
La plupart des gens ne travaillent jamais cette compétence. Pourtant, les leaders qui comptent, politiques, PDG, investisseurs, ont tous un point commun : ce sont des spécialistes de la décision.
Un bon décideur ne naît pas. Ça se construit.
C’est exactement ce que j’ai fait. Et le système que j’ai développé, tu peux l’appliquer à n’importe quelle décision, du choix d’un outil à une reconversion complète.
Ces 5 étapes couvrent tes Obstacles, Options, Valeurs, Hypothèses et Prédictions.
Avant de commencer, trois règles :
Pense à une décision concrète que tu dois prendre. Sois acteur, pas spectateur.
Note ta réflexion au fur et à mesure. L’écriture force la clarté et te permet de revenir dessus plus tard.
Applique chaque étape à ta situation réelle.
1. Obstacles : savoir quand avancer
L’indécision est aussi une décision. Et souvent la pire.
Les opportunités ne t’attendent pas. Si tu attends d’être certain à 100%, tu rates l’essentiel. Il est toujours plus simple de corriger le tir en mouvement qu’à l’arrêt.
Voilà comment je règle ce problème : je me fixe un seuil de confiance.
Mon seuil par défaut : 70%. Ça veut dire que si je suis confiant à 70%, j’avance. Sept fois sur dix, je serai satisfait de la façon dont j’ai décidé, indépendamment du résultat.
Pour les décisions vraiment importantes, je monte à 90%.
Après chaque étape, pose-toi la question : à combien suis-je confiant ?
Si tu es à 60% avec un seuil à 70%, demande-toi : quelle information me ferait gagner ces 10 points ? Comment je l’obtiens ?
2. Options : génère des alternatives
Le piège classique : penser en noir ou blanc.
J’ai eu un ami entrepreneur qui se demandait s’il devait lever des millions pour scaler à fond ou tout plaquer pour voyager. Après réflexion, aucune des deux options ne correspondait vraiment à ce qu’il voulait. En creusant, il a trouvé une troisième voie : un business rentable et léger, qui lui laisse du temps pour vivre.
La règle que j’applique : avant de choisir entre deux options, force-toi à en trouver au moins trois autres.
Une étude a montré que 20% des gens qui s’imposent cet exercice finissent par choisir une option qu’ils n’avaient même pas envisagée au départ, et qu’ils sont bien plus satisfaits de leur décision ensuite.
Entre deux extrêmes, il y a toujours une voie du milieu. Cherche-la.
3. Valeurs : sache ce que tu optimises
Toute décision est un arbitrage entre des valeurs qui s’affrontent.
La plupart des blocages viennent de là : on ne sait pas quelle valeur fait loi.
Exemple simple. Tu dois choisir entre deux villes. L’une te donne plus d’argent. L’autre te donne plus de vie sociale et d’opportunités. Laquelle choisir ?
Ça dépend entièrement de ce que tu veux le plus en ce moment.
Avant chaque décision importante, pose-toi cette question : qu’est-ce que j’optimise en priorité ?
Une fois que tu as la réponse, le choix devient souvent évident.
4. Hypothèses : valide avant d’avancer
Chaque décision repose sur des hypothèses, des croyances sur la réalité que tu n’as souvent pas vérifiées. C’est là que ça devient dangereux.
Le principe clé : chaque décision a une hypothèse centrale. Celle qui, si elle s’avère fausse, fait s’effondrer tout le reste.
Identifie-la. Puis trouve le moyen le plus rapide de la valider.
Tu veux négocier une augmentation ? Arrive avec des données sur ce que paient les concurrents. Tu planifies une surprise pour quelqu’un ? Vérifie d’abord qu’il aime les surprises.
Beaucoup d’hypothèses qu’on croit solides ne tiennent pas à l’examen. C’est inconfortable à découvrir. C’est aussi exactement comme ça qu’on progresse.
5. Prédictions : anticipe ce qui peut mal tourner
Le cerveau humain est câblé pour simuler le futur. Autant l’utiliser correctement.
La technique que j’utilise : le Murphy-Jitsu.
Le principe est simple. Plutôt que d’espérer que tout se passe bien, je visualise délibérément les scénarios où ma décision tourne mal, et je prends des mesures maintenant pour les éviter.
Comment ça marche :
Projette-toi dans le futur. Ta décision a été un désastre.
Écris trois scénarios détaillés où ça a mal tourné.
Pour chaque scénario, identifie trois causes possibles.
Trouve au moins une façon d’avoir évité ou limité chaque scénario.
Prends ces mesures maintenant.
Tu sais plus de choses sur ton futur que tu ne le crois. Le Murphy-Jitsu te permet de faire tes erreurs en simulation plutôt qu’en réalité.
Le post-mortem : la boucle qui te fait progresser
Une décision sans post-mortem, c’est une expérience sans leçon.
Reviens sur ton analyse 7 à 30 jours après avoir décidé. Laisse le temps aux résultats d’apparaître.
Les questions à te poser :
Obstacles
Étais-tu trop ou pas assez confiant ?
As-tu trop tardé avant de décider ?
Options
As-tu vraiment exploré des alternatives ?
As-tu surestimé les avantages ou exagéré les risques ?
Valeurs
Qu’est-ce que tu optimisais vraiment ?
Est-ce que c’est toujours ce qui compte le plus pour toi ?
Hypothèses
Ton hypothèse centrale était-elle la bonne ?
As-tu pris le temps de la valider ?
Prédictions
As-tu raté des scénarios négatifs ?
Les mesures préventives ont-elles eu un impact ?
Et surtout :
Qu’est-ce qui a bien marché ? Comment tu le reproduis ?
Qu’est-ce que tu ferais différemment ?
Quelle leçon concrète tu emportes ?
Décider mieux, c’est pas une question de talent. C’est une question de méthode, et de pratique.
Commence par une décision. Applique les 5 étapes. Fais le post-mortem.
Et recommence.


